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Lancement vedette: "Disney n'abandonne pas le cinéma", assure Hélène Etzi

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Elle est passée par des agences de publicité, puis France Télécom, avant de rejoindre Disney France en 2004 et de gravir les échelons. Hélène Etzi, 55 ans, devenue présidente en avril 2019, ne s'est jamais exprimée dans les médias. Elle voulait le faire pour la première fois dans nos colonnes, à l'occasion du lancement de "Star" sur Disney +, ce qui doublera presque l'offre de contenu sur la plateforme.

Quel est l'objectif de Star, lancé ce mardi?

HELEN ETZI. C'est un nouveau monde, qui complète le contenu de Disney +. Une offre qui s'adresse davantage aux jeunes adultes, tandis que Disney + est plus orientée famille. Nos études internes ont révélé que nos abonnés demandent plus de contenu «pour eux», en tant qu'individus et non en tant que familles.

En volume, cela représente-t-il une augmentation significative de l'offre Disney +?

Pour la France, nous avons jusqu'à présent proposé 6000 heures de programmation sur la plateforme, et avec l'arrivée de Star, cela tombe à 10000 heures. Nous intégrons désormais tous les contenus du groupe: séries, documentaires, films de nos studios TV et cinéma … L'idée est d'aller au-delà de nos contenus «familiaux» en utilisant au mieux toutes nos marques, avec des films comme "Avatar", «Pretty Woman», la franchise «Alien»…

Mais cela nécessite une augmentation de l'abonnement de 2 euros par mois …

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Certes, mais pour ce prix de 8,99 euros, l'offre est bien plus large, et permet de bénéficier de plus d'écrans que nos concurrents qui sont à ce prix.

En termes de contenu, lancez-vous des séries originales spécifiques à Star?

Oui, quatre séries très différentes, dont une très irrévérencieuse, «Solar Opposites», à partir du 23 février. On en vient notamment au genre de la série animée pour adultes. D'autres nouvelles séries suivront: "Black Narcissus" à partir du 5 mars, dans laquelle Diana Rigg (NDLR: l'actrice culte de "Chapeau melon et bottes en cuir", décédée en septembre dernier) joue son dernier rôle, ou la série médicale "The Resident", le 12 mars. Cela n'empêchera pas d 'autres nouveaux d' arriver dans d 'autres univers Disney +, comme la série "Falcon and the Winter Soldier", qui sortira le 19 mars.

Et les productions françaises?

En effet, nous en lançons quatre. Notamment une série de docu-fiction sur la vie de la chanteuse Sopranoet un sur Malik Oussekine, l'étudiant français décédé lors du mouvement de contestation de 1986. L'idée, en France et ailleurs, est d'avoir une offre de productions européennes originales. Nous commençons une cinquantaine par an d'ici 2024.

Disney + est un énorme succès international, est-ce la même chose en France?

Nous venons d'atteindre 95 millions d'abonnés dans le monde, ce qui dépasse de loin les objectifs initiaux. En un trimestre, nous avons enregistré 15 millions d'abonnements supplémentaires. Le succès a été immédiat: l'offre est claire, l'application est fluide et simple d'utilisation, le rapport qualité prix très avantageux. Nous ne fournissons pas de chiffres pour la France, mais nous sommes très satisfaits de la progression des abonnements: la croissance de Disney + est très bonne dans notre pays.

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Hélène Etzi est ravie de pouvoir proposer des contenus pour adultes, parfois irrévérencieux, sur Star. LP / Delphine Goldsztejn

La plateforme est animée par des séries et films phares: «The Mandalorian», «WandaVision», «Mulan», «Soul»… Cela se traduit-il par de nouveaux abonnés?

Absolument: ces programmes génèrent de nouveaux abonnements et augmentent la consommation de volume sur la plateforme. «Soul» en décembre a été un énorme succès, à la fois en termes de génération d'abonnements et d'utilisation. Heureusement, ce film est tellement génial! Nous ne pouvions plus le bloquer en attendant la réouverture des salles, et son directeur, Pete Docter, voulait lui-même le montrer au plus grand nombre. D'autres programmes se déroulent très bien, notamment "Les Simpsons", "Marvel: Agents du SHIELD", et d'anciennes séries ou films comme "Vaiana" ou "Coco", qui donnent plein effet à l'effet nostalgique.

La France fait l'objet de spécificités, notamment en termes de chronologie médiatique. Ailleurs dans le monde, «Soul» et «Mulan» sont sortis sur la plateforme moyennant un coût supplémentaire, alors qu'en France ils étaient proposés gratuitement. Comment la direction de Disney aux États-Unis voit-elle nos exceptions culturelles?

A la direction de Disney France, on essaie de garder les films pour une sortie en salles, comme ce sera le cas avec «Raya et le dernier dragon», dont nous reportons la sortie française lors de sa sortie sur Disney + en premium. aux Etats-Unis. Quant au management américain, il est, à travers nous, très conscient de la chronologie des médias français, et ils la respectent. D'autant que la France est un territoire très cinéphile.

Qu'en est-il de ces spécificités américaines qui déteignent sur le reste du monde, comme les films d'accompagnement comme «Peter Pan» avec des contrôles parentaux et des avertissements encore très «politiquement corrects»?

Disney a fait le choix de ne pas supprimer de contenu, simplement de joindre des avertissements. Cela encourage la discussion avec les parents. On imagine que ces contenus peuvent choquer, et pas seulement dans les pays anglo-saxons …

Les opérateurs de cinéma français sont très en colère contre Disney, qui a choisi de sortir «Mulan» et «Soul» sur la plateforme alors qu'ils pariaient sur ces films pour relancer les salles lors de la future réouverture …

je le sais ils vivent dans une situation difficile et je les comprends, mais je le dis clairement: Disney n'abandonne pas le cinéma. Elle reste un pilier de la Walt Disney Company. Voici notre histoire. Les grands films comme Marvel ou Pixar doivent être vus dans les salles. Mais ils doivent être ouverts. Nous devons aussi défendre notre économie, nos équipes, sinon nous ne pourrons plus produire de films. C'est une question d'équilibre.

Mais Disney est le studio qui a réalisé le plus de bénéfices ces dernières années, ce qui devrait lui donner une grande marge de manœuvre financière, non?

C'est vrai pour le cinéma, mais il ne faut pas oublier que Disney est un groupe: tous les parcs sont fermés, les revenus publicitaires ont chuté… C'est beaucoup moins de revenus. Il n'en reste pas moins que, même si nous avons lancé avec succès Disney +, les habitudes des spectateurs changent et le cinéma reste très important pour Disney.




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